Le fort du St Eynard fut construit en 1879 pour veiller sur Grenoble
en barrant les routes venant de Savoie par le massif de la Chartreuse,
culminant à 1 3225 mètres d’altitude perchée sur le bord d’une
vertigineuse falaise.
Ce fort est un parfait exemple d’architecture militaire de la fin du
XIX siècles construit sous l’impulsion du colonel Cosseron de Villenoisy.
A la fin de la construction du fort en 1879 celui-ci abritera une
garnison de 500 soldats, sous officiers et officiers d’artillerie ainsi
qu’un imposant arsenal.
Le fort est constitué de quatre bâtiments juxtaposés le tout couvrant
une surface de 2 375 m2 et ouvrant sur deux cours 4 400m2 la forme
générale du fort est un V.
La construction du fort fut particulièrement pénible du fait de
l’absence d’infrastructure de transport, 300 ouvriers furent nécessaires à
son édification la plupart étaient des émigrés d’origine italienne mais
aussi des soldats et officiers du Génie.
Le sommet de la montagne du être arasé, une route du être tracé et
tailler dans le flanc de la montagne, afin d’amener hommes et matériel
mais aussi de l’eau qui provenait du hameau de la Bordeliere.
L’ensemble de ces travaux nécessiteront de nombreux tirs de mine
entraînant la fermeture régulière de la route du col de Porte pour des
raisons de sécurité.
Malgré sa généreuse dotation en armement le fort ne servit que peu en
période de conflit, il servait essentiellement de point d’appui feu, les
hommes restait en cantonnement passager et devait être périodiquement
relevés en cas de conflit.
Le fort n’ayant plus aucun intérêt stratégique il fut cédé aux
communes du Sappey en Chartreuse et de Corenc en 1963.
Le temps ayant fait son travail de dévastation il fut restauré en 1991
aujourd’hui il est visitable de mai à octobre, on peut se promener dans
les coursives, les corridors chemins de traverse qui permettent de passer
de cuisine en chambre de visiter les dépôts de poudre et munitions et aux
casemates pour les canons.
Une autre particularité de ce fort mérite d’être signale du fait des
vents violents remontant le long de la falaise l’utilisation de pigeons
voyageurs pour le transport des messages étaient impossibles on utilisa
donc un télégraphe optique en 1887 celui-ci venant juste d’être inventé.
Le télégraphe domine le fort d’une trentaine de mètres pour pouvoir
communiquer avec Grenoble il fonctionne grâce à une lampe à huile et un
miroir mobile, il est protégé par un paratonnerre dont la prise de terre
nécessita pas moins de 700 mètres de câbles.